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Le frichti d’O’Jack, aux tomates et haricots blancs

par Clémence

 

Quand je vais en Sologne, mon père me prépare toujours son fameux “frichti” à la tomate, un plat délicieux à base de tomates réduites très longtemps à feu doux avec de l’ail et des échalotes, jusqu’à ce que leur saveur soit ultra savoureuse et concentrée, presque confite. Il casse alors quelques oeufs dessus, parsème le tout d’herbes du jardin et attend que les blancs soient juste saisis et les jaunes encore bien coulants avant de mettre la poêle directement sur la table. Une merveille qui m’évoque un peu la shakshouka, une préparation typique de la cuisine méditérranéenne à base de tomates et de poivrons, parfois enrichie de feta. Et le souvenir de ma mère, qui, à la fin de sa vie, ne pouvait plus avaler que le fameux frichti aux tomates (ainsi nommé avec tendresse par mon père) et l’eau de cuisson des poireaux. Ce qui est d’autant plus curieux que ce n’était pas vraiment le genre de repas qu’elle aimait avant de tomber malade. Son corps devait probablement lui dire que c’est de choses toutes simples, dont il avait besoin…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En cette fin d’été qui est aussi la plus belle saison pour les tomates (elles sont alors ultra parfumées, bien mûres et pas trop aqueuses, même si le potager familial n’a rien donné cette année, comme chez beaucoup d’autres), je me suis dit que j’allais partager cette recette avec vous – avec, bien sûr, mes petites modifications personnelles.  Ce plat demande un peu de temps (prévoyez une bonne heure, voire un peu plus, selon les tomates utilisées), mais il en vaut vraiment la peine et une fois la cuisson lancée, ce qui par contre ne prend que 10 minutes, vous n’aurez presque plus rien à faire. Si vous voulez la préparer en semaine, procédez en deux fois, en faisant cuire les tomates 30 à 45 minutes le premier soir, puis en ajoutant haricots et petits pois le lendemain avant de terminer la cuisson !

Dans cette variante simplissime et comme toujours customisable presque à l’infini, j’ai choisi de remplacer les oeufs par des haricots blancs, tellement savoureux et riches en belles protéines végétales. J’aime de plus en plus les haricots blancs**, que je fais cuire en grosses quantités et que je congèle en portions individuelles : ils sont délicieux en bruschetta avec du pesto et des tomates, ou en hiver avec du potimarron rôti. Je rêve de trouver haricots Canellinni  cultivés en France, mais je crois que c’est un pur fantasme. Si vous utilisez des haricots en bocal, rincez-les bien avant de les utiliser.

 

 

J’ai aussi ajouté une belle poignée de petits pois, pour le plaisir et la couleur, une cuillerée de paprika et quelques tiges de cebettes et de thym frais. Le poivron rouge a été remplacé par un petit piment doux (j’en accroche de temps à autre une grappe dans ma cuisine, qui se conserve des mois une fois séchée), mais l’ail et les échalotes sont toujours de la partie. Vous pouvez aussi ajouter à ce plat une poignée de graines de tournesol, quelques pousses d’épinards ou d’autres aromates, voire quelques cubes de feta ou de tofu lactofermentés en fin de cuisson et personnellement, c’est accompagné de belles tranches de pain de campagne grillé que je le préfère, avec une petite salade fraîche et croquante. Evidemment, vous pouvez aussi réaliser la version “classique”, en cassant quelques oeufs sur la préparation quelques minutes avant la fin de la cuisson – quand j’ai besoin d’une bonne dose de protéines, le mariage oeufs-légumineuses est quand même un must absolu pour moi qui ne mange plus de viande (et quasiment plus de poisson)! Cette recette est pour deux belles parts, doublez les quantités et utilisez une grande poêle pour nourrir quatre personnes.

 

 

**Note sur les légumineuses : j’ai toujours eu le plus grand mal à les digérer, à mon grand désarroi car je les adore. Trempées, germées, avec de l’algue kombu ou des épices, rien n’y faisait. Et puis il y a deux mois j’ai décidé de sauter le petit déjeuner et de manger plus léger le soir (adieu petite pâtisserie quotidienne) – en gros, j’ai laissé mon système digestif souffler quelques heures par jour. Incroyable l’effet que ça a eu sur ma digestion, légumineuses en tête. A suivre donc, sur du plus long terme… Si vous avez l’occasion de faire le même genre d’expérience, j’adorerais connaître vos avis en commentaires.

Je vous laisse avec la recette et vous souhaite un très bon début de semaine !

 

 

 

  Quand je vais en Sologne, mon père me prépare toujours son fameux “frichti” à la tomate, un plat délicieux à base… Imprimer
Pour: 2-3 personnes
Temps de préparation: Temps de cuisson:
Avis 5.0/5
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INGREDIENTS

  • 1 c. à soupe d’huile d’olive
  • 1 échalote
  • 1 gousse d’ail
  • 1 petit piment, ou un poivron rouge
  • 1 c. à soupe de concentré de tomate
  • ½ c. à café de paprika fumé
  • 4 belles tomates rondes et bien mûres
  • 1 pincée de poivre
  • 1 pincée de sel marin
  • 80 g de haricots blancs, déjà cuits (rincés s’ils sont en bocal)
  • Optionnel : Une belle poignée de petits pois frais écossés, ou surgelés
  • Une pincée de poivre
  • 6 branches de thym, 2 cebettes, 10 feuilles de basilic..
  • Optionnel : deux oeufs (ou plus)

INSTRUCTIONS

  1. Epluchez et émincez l’échalote, l’ail et le piment (ôtez les pépins si souhaité).
  2. Faites chauffer l’huile dans une sauteuse ou une petite poêle à fond épais, jetez-y l’échalote et laissez blondir 3 minutes. Ajoutez l’ail et le piment, laissez cuire encore une minute.
  3. Ajoutez le concentré de tomate et le paprika, remuez et laissez cuire deux minutes supplémentaires.
  4. Pendant ce temps, lavez les tomates et coupez-les en deux. Disposez-les dans la poêle en serrant bien, face coupée vers le bas et laissez cuire 5 minutes à feu moyen, puis retournez-les, saupoudrez de sucre et de sel, ajoutez les haricots blancs, poivrez légèrement.
  5. Baissez le feu et laissez cuire doucement jusqu’à ce que les tomates soient presque confites et qu’il ne reste quasiment plus de jus dans la poêle (1 heure environ), en ajoutant les herbes aromatiques de votre choix et les petits-pois 10 minutes avant la fin.
  6. Si souhaité, cassez deux œufs sur les tomates, mélangez légèrement le blanc sans percer les jaunes et laissez cuire encore 5 minutes. Dégustez bien chaud.

NOTES

Pour une version "shakshouka végétale", ajoutez quelques cubes de tofu facto fermenté nature sur la préparation cinq minutes avant de fin de la cuisson.

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2 commentaires

Svetlana 21 octobre 2021 - 11 h 15

Miam, ça me donne envie, très jolie recette. Etudiante et végétarienne, j’achetais de temps en temps des boîtes de haricots à la tomate, ça m’y fait penser, mais en bien plus gourmand et fait maison. Merci pour l’histoire qui va avec cette recette.
J’espère que tu arrives à mieux digérer les légumineuses à présent… J’adore les haricots blancs, et ils font partie des legumineuses les plsu riches en fer 🙂

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Clémence 21 octobre 2021 - 11 h 47

Merci Svetlana ! En en mangeant avec parcimonie et pas tous les jours ça se passe plutôt bien et ça me permet de tester plein de choses avec ces haricots blancs que j’aime tant ! C’est vrai que leur mariage avec la tomate est un grand classique, surtout aux Etats-Unis…

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